Serene

Fabricant : Sérène

Produit
Anisette, rhum et spiritueux divers
Pays
France
Département
Bouches-du-Rhône
Ville
Marseille

Fiabilité : Sourcée?

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La maison Sérène est un négociant-liquoriste marseillais fondé en 1880, au 24 boulevard des Arènes du Prado (aujourd’hui boulevard Édouard-Herriot) — un site qui avait déjà accueilli, depuis 1865, la maison Vian & Vieil. Constituée par la suite en société anonyme sous la raison « Anciens Établissements B. Sérène », elle exploite un entrepôt de spiritueux au 46 rue du Génie, à Marseille, adresse que confirment plusieurs sources indépendantes des années 1920 et 1930.

La gamme de la maison est large, comme il est fréquent chez les négociants-liquoristes marseillais de l’époque : elle fabrique sous son propre nom des rhums (Velvet, puis Searoyer — une marque qu’elle fait déposer le 25 janvier 1934 au greffe du tribunal de commerce de Marseille pour désigner « rhums et spiritueux, vins et vins mousseux »), un Cap Corse Impérial, une gentiane baptisée Alpia, et un anis, l’Auguste Berger. Elle propose aussi sa propre anisette sous le nom « Un Sérène » — le pronom indéfini, courant dans le vocabulaire des cafés, désignant un verre de la maison, à la manière d’« Un Nerveux » ou d’« Un MacMahon » chez d’autres marques du même genre. La maison n’est pas seulement fabricante : elle est également dépositaire de grandes marques comme Marie Brizard & Roger ou Cointreau, et vend, à une adresse ultérieure du 32 boulevard National relevée en 1912, des vins et des champagnes.

Le commerce dépasse largement Marseille : en juillet 1926, le Journal officiel de la Guinée française atteste la présence de « B. Sérène et Cie, Marseille » avec son Pippermint, preuve d’une diffusion jusqu’en Afrique-Occidentale française. Une revue professionnelle de l’exportation, en 1934, cote côte à côte le raki, le porto et un « Napoléon » des Anciens Établissements Sérène, confirmant l’ampleur du catalogue proposé aux acheteurs étrangers.

La notoriété locale de la maison transparaît, de façon inattendue, à travers deux faits divers : dans la nuit du 5 au 6 mai 1933, des malfaiteurs s’introduisent par effraction dans l’entrepôt de la rue du Génie, rapporte Le Petit Marseillais ; le 1er juin 1935, un nouveau cambriolage vise l’entrepôt de spiritueux de la maison, selon Le Petit Provençal — deux mentions qui, sans rien apprendre du commerce lui-même, confirment son activité et son adresse à ces dates précises.

Comment la marque s’exposait-elle ? Le principal témoin retrouvé pour cette campagne est un objet de comptoir plutôt qu’une affiche : une boîte à cartes à système, distribuée aux bistrots, portant la réclame « Anis Un Sérène — Pastis ». Ce type d’objet, destiné à occuper le comptoir plutôt que le mur, correspond à une maison qui cherchait moins l’affichage grand format que la présence quotidienne chez le débitant, aux côtés des marques dont elle tenait elle-même le dépôt. La maison a aujourd’hui disparu ; sa trace la plus tardive retrouvée dans cette campagne date de 1935.

Repères chronologiques

  1. 1865 la maison Vian & Vieil s'installe au 24 boulevard des Arènes du Prado, Marseille
  2. 1880 fondation des Établissements Sérène, sur le même site
  3. 1904 adresse télégraphique « Sérène-Marseille » relevée dans la presse coloniale
  4. 1912 adresse au 32 boulevard National, vente de vins et de champagnes
  5. 1926 exportation attestée vers la Guinée française (Pippermint, B. Sérène et Cie)
  6. 1933 cambriolage de l'entrepôt du 46 rue du Génie (Le Petit Marseillais)
  7. 1934 dépôt de la marque « Rhum Searoyer » par la Société Anonyme Anciens Établissements B. Sérène
  8. 1935 nouveau cambriolage de l'entrepôt de spiritueux (Le Petit Provençal) — dernière trace retrouvée

Les carafes de cette marque

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