Terrand Cassis est le crème de cassis produit par la Distillerie de la Petite Chartreuse, maison de C. Terrand établie près de Beaune, en Côte-d’Or — la même maison qui fabriquait la liqueur « Petite Chartreuse », déjà documentée sur ce site. Fondée en 1855, cette distillerie a eu pour successeur C. Terrand après L. Détang & Cie, ainsi que l’atteste l’inscription portée par les carafes de la maison. Une traite commerciale de 1897, au nom de « L. Détang / C. Terrand », montre que la transmission entre les deux exploitants s’est faite progressivement, les deux noms coexistant un temps sur les documents commerciaux.
Que la maison produisait bien du cassis, et pas seulement les autres liqueurs de son catalogue, est attesté directement : en octobre 1924, deux journaux de la Côte-d’Or, Le Progrès de la Côte-d’Or et Le Bien public, publient la même petite annonce — « C. Terrand, à la Petite Chartreuse, Beaune » y recherche un jardinier sérieux pour, entre autres tâches, la « culture cassis ». La maison cultivait donc elle-même le cassis entrant dans la composition de sa liqueur, plutôt que de s’approvisionner auprès de producteurs tiers — une pratique intégrée, du fruit à la bouteille, assez rare pour être signalée.
La famille Terrand était par ailleurs implantée dans le vignoble beaunois : le Bulletin de la Société vigneronne de l’arrondissement de Beaune (1885) cite un « Terrand-Coppenet » à Chorey-lès-Beaune et un « Terrand-Nicolle », propriétaire ; le Bulletin du Comité d’agriculture de Beaune (1926) mentionne un « Terrand » à Meursanges. Ces mentions situent la maison dans un réseau de propriétaires terriens de la région de Beaune, cohérent avec une activité de distillation appuyée sur une production agricole locale.
Sur le plan commercial, la distillerie vendait directement ses produits : des factures conservées, adressées depuis Beaune, sont datées de 1923 et 1927, cette dernière portant la mention « vin de Bourgogne, eau-de-vie » — la maison ne se limitait donc pas aux liqueurs de fruits, mais commercialisait aussi des vins et des eaux-de-vie de la région. Ce qu’est devenue la marque après les années 1920 n’a pas pu être établi : aucune source consultée ne documente une cessation d’activité, une reprise ou une disparition.
Côté réclame, deux petits objets publicitaires ont été retrouvés : un cendrier et un menu vierge illustré portant le nom Terrand, associés à la Bourgogne. Ce sont des supports de faible envergure, destinés aux tables de restaurant ou de café, et non des affiches ou plaques de grand format : rien ne permet de dire que la maison ait investi dans une publicité murale ou d’affichage.
