Tersec est un triple sec — une liqueur d’écorces d’orange — fabriqué à Angers (Maine-et-Loire) par la maison Rayer, connue selon les documents sous plusieurs formes voisines : « Guéry-Rayer », « Cherry-Guéry » ou simplement « Rayer ». Une publicité parue dans la revue professionnelle Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l’exportation en 1929 nomme directement le fabricant : « Maurice Rayer, Angers (Maine-et-Loire) — Triple-sec Tersec, Véritable guignolet d’Angers, Crème de menthe ». Des factures commerciales conservées, portant les noms de Gabriel Rayer (1905) puis de Maurice Rayer (1928, 1939), montrent une transmission familiale de la maison sur au moins trois décennies.
La maison ne produisait pas Tersec seul : elle fabriquait aussi le guignolet d’Angers — la liqueur de griottes typique de la ville — sous le nom « Cherry-Guéry », ainsi qu’une crème de menthe et des vins d’Anjou. Tersec occupait donc une place dans un catalogue de liqueurs et d’apéritifs plus large, celui d’un distillateur-négociant angevin établi sur plusieurs générations.
La maison commercialisait directement ses produits, y compris à l’exportation : une publicité de la première moitié des années 1920 le présente comme « le plus sain des apéritifs » et mentionne une agence générale pour l’Algérie, installée 8 rue Colbert à Alger. Cette diffusion outre-Méditerranée est confirmée par la presse algéroise elle-même : en mai puis juin 1930, L’Écho d’Alger et La Dépêche algérienne signalent, dans leurs rubriques de mouvements de marchandises au port d’Alger, l’arrivage de 24 caisses de « Tersec Rayer » — un envoi régulier plutôt qu’occasionnel.
Aucune source consultée ne documente ce qu’est devenue la maison après 1939 : ni rachat, ni fusion, ni fermeture n’ont pu être établis à partir des documents retrouvés.
La maison a investi dans plusieurs formes de réclame plutôt que dans un seul grand format. Un programme du Grand Théâtre d’Angers de 1933 porte une publicité pour la liqueur Rayer, aux côtés d’autres annonceurs locaux, ce qui situe le public visé — celui des spectacles et des cafés de la ville. Un carnet publicitaire et une carte illustrée de 1889 mentionnant « vins et spiritueux Rayer » attestent une présence publicitaire de longue durée, mais rien qui relève de l’affiche murale ou de la plaque émaillée n’a été retrouvé : la réclame de la maison semble s’être appuyée sur des supports de proximité — programmes de spectacle, carnets, imprimés commerciaux — plutôt que sur l’affichage de rue.
