La marque « Un Peureux » désigne l’absinthe, puis l’apéritif anisé, de la distillerie fondée en 1864 à Fougerolles, en Haute-Saône, par Auguste Peureux. Récompensée pour la qualité de ses eaux-de-vie et de son absinthe à l’Exposition universelle de Paris en 1900, la maison expédiait déjà sa production — dont l’absinthe « Un Peureux » — jusqu’en Afrique du Nord et dans des bars des États-Unis.
Quand l’absinthe est interdite en France en 1915, la distillerie se reconvertit : le musée de l’Absinthe d’Auvers-sur-Oise situe ce basculement vers les liqueurs anisées en 1924. Le nom « Un Peureux » survit à la prohibition sous la forme d’un apéritif « au Parfum d’Anis », conforme au décret du 24 octobre 1922 qui encadrait ces succédanés d’absinthe — la mention figure, verbatim, sur les affiches et les cartes publicitaires de la marque. En 1927, les fils du fondateur, André et Edgar Peureux, reprennent l’entreprise sous la raison sociale « Les Fils d’Auguste Peureux », celle que portent tous les objets publicitaires connus de la marque : la maison est alors installée à Fougerolles (Haute-Saône), avec des dépôts à Saint-Denis (22, rue Fontaine) et à Marseille (12, boulevard des Vignes).
La marque a été portée par une campagne publicitaire soignée. Une affiche lithographiée « Exigez Un Peureux », signée de l’illustrateur Henry Le Monnier, est créée en mai 1925 par l’atelier parisien Affiches Lutetia ; un exemplaire connu porte la mention d’une réédition (« gestion ») de mai 1928, signe que ce visuel a servi plusieurs années. Une seconde affiche, plus sobre, « À l’Apéritif… Un Peureux au Parfum d’Anis », est imprimée par la Société Nouvelle Affiches Gaillard (Paris-Amiens). S’y ajoutent des cartes-réclames chromolithographiées, des jetons publicitaires distribués aux consommateurs et jusqu’à des tire-bouchons de sommelier gravés « Un Peureux » — autant de supports, du mur de café à la poche du limonadier, qui montrent une marque diffusée bien au-delà de la seule bouteille.
La distillerie de Fougerolles s’est ensuite tournée vers le kirsch et les liqueurs de cerise, dont les Griottines. Devenue les Grandes Distilleries Peureux, elle est rachetée en 2006 par le groupe La Martiniquaise et demeure en activité. Pour son cent-cinquantenaire, en 2014, l’entreprise relance l’absinthe « Un Peureux ».
