Pernis

Fabricant : Mouchotte Frères

Produit
Anis
Pays
France
Département
Val-de-Marne
Ville
Saint-Mandé

Fiabilité : Sourcée?

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Le Pernis Super Anis est un apéritif anisé lancé vers 1920 par la maison Mouchotte Frères, distillateurs à Saint-Mandé, dans l’ancien département de la Seine — aujourd’hui le Val-de-Marne. L’annuaire du commerce Didot-Bottin le porte sans ambiguïté à sa rubrique des anis : « ANIS « PERNIS » SUPER ANIS, MOUCHOTTE FRÈRES Distillateurs, 7, rue de l’Épinette » dans l’édition de 1924, puis au numéro 19 de la même rue dans celle de 1928. La Grande revue des vins et alcools du 15 janvier 1924 annonce la « Distillerie Mouchotte Frères à Saint-Mandé (Seine) ».

Une maison d’absinthe reconvertie

La marque naît d’un basculement. D’après le musée de l’Absinthe d’Auvers-sur-Oise, qui lui a consacré plusieurs notices, la distillerie Mouchotte est créée à Paris en 1820 ; le fils, Octave Mouchotte, la transfère en 1870 cours de Vincennes à Saint-Mandé, puis la fixe rue de l’Épinette en 1888. Son absinthe y aurait obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1889. La prohibition de 1915 emporte ce fonds de commerce : devenue Mouchotte Frères, la maison se reporte sur les anisés autorisés et lance le Pernis. Une notice plus ancienne du Panthéon de l’industrie du 15 août 1886 donne toutefois une autre version — une distillerie Mouchotte au 49-51, rue d’Avron à Paris, fondée « une quarantaine d’années » plus tôt et dirigée depuis 1879 par un M. Leroy. Les deux récits ne se recoupent pas ; il n’a pas été possible de les concilier, et rien n’autorise à choisir entre eux.

Le nom lui-même dit la stratégie : à une lettre près, c’est celui du concurrent de Pontarlier. Le Pernis se vend comme un anis de comptoir, à 40 degrés — un titrage qui, selon le musée d’Auvers, situe les bouteilles ainsi marquées entre 1922 et 1938. Sa réclame ne cache pas la filiation avec la Fée verte : l’emblème de la marque est une petite danseuse à jupe verte, debout sur le bord d’un verre, qu’on retrouve sur les objets publicitaires comme sur les affichettes.

Une maison qui compte, brièvement

Mouchotte n’est pas resté un distillateur de faubourg. La Journée vinicole du 8 août 1927 le cite parmi les maisons qui pèsent sur le marché des apéritifs, dans une énumération où figurent Boulanger, Cressonnée, Hémard, Bardinet, Pernot et Clacquesin — « Mouchotte (Anis Pernis) ». La diffusion est nationale : la réclame du Pernis se lit aussi bien dans Le Progrès de Seine-et-Marne que dans La Dépêche de Lille ou Le Débitant du Centre de Limoges. Cette dernière feuille, comme le tarif lillois du 13 mai 1926, range le Pernis à côté d’un « Anis », d’une « Amourette » et d’une « Anisette » — l’indice que la maison tenait un petit catalogue de liqueurs et non un produit unique.

Ce que la maison devient ensuite n’a pas été établi. Aucune source consultée ne documente sa disparition, un rachat ou la survie du nom après-guerre.

Une marque qui se montrait beaucoup

Pour une maison de cette taille, l’effort publicitaire est considérable, et il est de ceux qui occupent le comptoir plutôt que la rue. Les pièces retrouvées sont des objets qu’un cafetier pose devant le client : cendriers-vide-poches en laiton estampé où le nom court quatre fois sur l’aile autour d’un « SUPER ANIS » central, carnets et pochettes de papier à cigarettes lithographiés en rouge et vert, bouchons-verseurs en bois tourné portant la marque au filet. Le musée d’Auvers y ajoute des éventails, des toupies de comptoir, un présentoir en carton découpé figurant un garçon de café aux bras de tissu, et surtout des fontaines à eau gravées au nom de la marque sur leurs deux faces — l’accessoire du rituel de l’absinthe, repris tel quel pour vendre un anis.

C’est une publicité de proximité, faite d’objets utiles et distribués, non d’affiches monumentales : aucune plaque émaillée ni aucune affiche grand format n’a été retrouvée. Le slogan, lui, est directement lisible sur les pièces conservées — « Demandez partout un « Pernis » SUPER ANIS » — et l’imagerie y est constante : la danseuse à la robe verte versant le filet d’eau dans le verre, sur fond de losange rouge et de rayures vertes.

Sources : Annuaire du commerce Didot-Bottin, éditions 1924 et 1928 (Gallica / BnF, fonds Bibliothèque historique de la Ville de Paris) ; La Grande revue des vins et alcools, 15 janvier 1924 (Gallica / BnF, JO-68079) ; Le Progrès de Seine-et-Marne, 3 novembre 1926 ; La Dépêche (Lille), 13 mai 1926 (Gallica / BnF, JO-13424) ; Le Débitant du Centre, 1er août 1926 (Gallica / BnF, JO-35636) ; La Journée vinicole, 8 août 1927 ; Le Panthéon de l’industrie, 15 août 1886 (Gallica / BnF, FOL-V-282) ; musée de l’Absinthe d’Auvers-sur-Oise, notices « Pernis Super Anis » (2015) et « Garçon, un Pernis ! » (2017), Marie-Claude Delahaye ; objets publicitaires relevés sur annonces eBay archivées.

Repères chronologiques

  1. 1820 fondation de la distillerie Mouchotte à Paris (musée de l'Absinthe d'Auvers) — date non recoupée
  2. 1870 transfert à Saint-Mandé, cours de Vincennes, par Octave Mouchotte
  3. 1886 une distillerie Mouchotte est décrite 49-51 rue d'Avron à Paris, dirigée depuis 1879 par M. Leroy (Le Panthéon de l'industrie)
  4. 1888 installation rue de l'Épinette, à Saint-Mandé
  5. 1889 médaille d'or à l'Exposition universelle pour l'absinthe Mouchotte
  6. 1915 prohibition de l'absinthe
  7. 1920 lancement du Pernis Super Anis par Mouchotte Frères
  8. 1924 la maison figure au Didot-Bottin, 7 rue de l'Épinette
  9. 1926-1927 réclame nationale ; la maison est citée parmi les grands apéritifs
  10. 1928 la maison figure au Didot-Bottin, 19 rue de l'Épinette
  11. Après 1938 : devenir de la maison non établi

Les carafes de cette marque

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