« Phénix » est l’anisette d’une maison algéroise, la Distillerie du Phénix — également désignée « Distillerie de l’Anisette Phénix » dans les sources d’époque —, constituée en société anonyme. Elle est attestée dans les registres administratifs et la presse d’Alger de 1915 aux années 1950 : une annonce de juillet 1915 la situe au 43, rue Mizon puis à Bab-el-Oued (quartier d’Alger), tandis qu’une facture conservée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme la localise rue Riégo, à Alger, dans la première moitié du XXe siècle. Le Recueil des actes administratifs du département d’Alger de 1954 mentionne encore plusieurs employés de la « Société anonyme Distillerie Phénix », à Alger — preuve que la maison a traversé plusieurs décennies.
Le produit est un anis distillé, vendu sous le nom d’« Anisette du Phénix » ou « Anis Phénix » ; une réclame de 1915 mentionne aussi une « Liqueur du Phénix ». C’est une fabrication et non un simple négoce : les sources parlent d’une « distillerie », avec un personnel organisé (une Amicale du Personnel de la Distillerie du Phénix organisait déjà des sorties en 1932) — signe d’une entreprise de taille notable pour la place d’Alger.
Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, la trace algéroise s’interrompt dans les sources consultées ici. Une maison commercialisant aujourd’hui une « Anisette Phénix Taïeb » revendique la filiation avec cette distillerie algéroise et indique qu’elle aurait été reprise dans les années 1970 par Moïse Taïeb, qui aurait poursuivi sa fabrication en dehors d’Algérie ; cette information provient du discours commercial de l’entreprise actuelle et n’a pas pu être recoupée par une source indépendante — elle est rapportée ici sous cette réserve, sans être présentée comme un fait établi.
La marque s’exposait largement dans l’entre-deux-guerres : elle a doté, en 1936 et 1937, le « Grand Prix Anis Phénix », course cycliste organisée par la Roue d’Or Algéroise, d’une somme de deux mille francs — un budget promotionnel conséquent pour l’époque. Les objets publicitaires retrouvés — un carnet distribué en clientèle, un porte-clés « Phénix Pur Anis », un objet publicitaire pour le service à glace — et une carte de 1961 mentionnant un dépositaire à Batna montrent un réseau de distribution étendu à toute l’Algérie, jusqu’au tout début des années 1960.

– ANIS PHÉNIX 45° » un vrai pur anis » « petite quantité grande qualité » dist : Taieb (Marseille ,casablanca,
Alger)