La « Sève Barabeau » est une liqueur à base de vieux cognac, fabriquée à Périgueux (Dordogne) par la maison Barabeau, une distillerie familiale fondée en 1860. Les sources d’époque consultées orthographient systématiquement le nom « Barabeau », avec un seul r — la présente fiche porte « Barrabeau », graphie que rien dans la presse retrouvée ne confirme ; il s’agit très vraisemblablement de la même maison, mais l’écart mérite d’être signalé.
La maison a porté plusieurs raisons sociales au fil du temps. Elle est attestée dès 1883 sous le nom « Barabeau père et fils », encore en usage en 1901, puis sous « Barabeau et Denis », de 1912 à 1928 au moins. Un encart publicitaire paru le 15 avril 1928 dans La Grande revue des vins et alcools, revue professionnelle parisienne, présente « Barabeau et Denis » comme la maison fondée en 1860 à Périgueux, immatriculée au registre du commerce de la Dordogne sous le numéro 914, et lui attribue explicitement la « Liqueur Sève Barabeau, à base de vieux cognac ». Un annuaire professionnel de 1911, la Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l’exportation, recense de même « Barabeau (G.), à Périgueux » au regard du produit « Sève » — sans que l’initiale du prénom permette d’aller plus loin.
Le produit était présenté par la maison elle-même comme un remède autant que comme une liqueur de comptoir : une annonce du Journal de Ribérac, en 1918, vante la Sève Barabeau comme « utile précaution », les rhumes non soignés tendant selon elle à devenir chroniques des bronches. C’est le registre classique de la liqueur hygiénique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, à mi-chemin entre le spiritueux et le remède de pharmacie.
Sous sa raison sociale antérieure, « Barabeau père et fils », la même maison commercialisait une seconde liqueur, « La Messine », elle aussi annoncée comme « hygiénique » dès 1883 et toujours présente dans la presse en 1899-1901 ; elle valait alors à la maison de figurer parmi les comités d’admission de l’Exposition universelle de Paris de 1900, avec la mention d’une récompense de 1896.
La diffusion de la Sève Barabeau dépassait la seule Dordogne : la presse locale en atteste la présence, entre 1912 et 1922, jusqu’en Haute-Vienne (tombola à Bellac, 1912), dans le Cantal (tombola à Saint-Flour, 1912) et dans le Lot (tombola au Café Tivoli de Cahors, 1922) — des bouteilles offertes en lots lors de fêtes et de kermesses locales, pratique publicitaire courante pour une liqueur de comptoir de cette époque. Aucune trace d’affiche, de plaque émaillée ou d’autre support publicitaire de plus grande ampleur n’a été retrouvée pour cette marque : sa réclame semble être passée surtout par l’encart de presse et le don en nature.
Le devenir de la maison après 1928 n’est pas établi, non plus que les prénoms complets des associés : l’annuaire de 1911 ne donne qu’une initiale, « G. » ; l’encart de 1928 ne nomme que le patronyme « Denis ».
