Vraikina. Le nom promet du quinquina, et même du « vrai ». Derrière ce jeu de mots se cache un dépôt de marque de septembre 1911, et une petite énigme que nous n’avons pas encore résolue.
Un dépôt parisien, une femme en jupe de bouteilles
Le 13 septembre 1911, à dix heures quarante-cinq, la marque est enregistrée au greffe du tribunal de commerce de Paris, sous le numéro 131065. Le déposant s’appelle Clair Philippe et demeure à Neuilly-sur-Seine, rue Borghèse. Un mandataire agit pour lui, pouvoir enregistré à l’appui.
Le dessin déposé vaut le détour. Une femme y danse, coiffée d’une collerette de bouteilles disposées en rayons de soleil, le nom VRAIKINA courant sur le côté. La marque est « destinée à un produit liquoriste », précise le formulaire, sans en dire plus.
Et les Établissements Chorot, dans tout ça ?
Nos notes rattachent Vraikina à la maison Chorot, de Moirans en Isère, qui possédait aussi un Kina Chorot et ouvrit une succursale à Neuilly. Le dépôt de 1911, lui, ne nomme que Clair Philippe.
Deux explications tiennent la route. Soit la marque est passée plus tard de l’un à l’autre, ce qui arrivait souvent. Soit le rapprochement avec Chorot doit être revu. En attendant une pièce qui tranche, la fiche reste prudente : le nom du fabricant est donné sous réserve.
Voilà l’honnêteté d’une source primaire. Elle répond à la question posée, et elle en ouvre une autre.
Source : INPI, archives historiques, marques de fabrique et de commerce 1857-1920, registre 1MA369 (Liqueurs et spiritueux, 1911-1912), vue 243 — dépôt n° 131065 du 13 septembre 1911, greffe du tribunal de commerce de Paris.
